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Roche Investigations interviewé dans

Août 2006



LE FIGARO
Un diplôme d'État pour les détectives privés
Fanny Capel .
Publié le 22 août 2006
« Extraits »

À 54 ans, après une carrière d'ingénieur qui l'a mené de l'Asie du Sud-Est aux États-Unis, Jean-Emmanuel Derny se découvre une vocation pour le «cache-cache professionnel». Une mission effectuée pour le service de sûreté de l'entreprise qui l'employait agit comme un révélateur : «J'ai toujours été curieux de nature, j'aime fureter. Je suis aussi un mordu de généalogie», confie-t-il.

En 2004, il lâche tout pour fonder Roche investigations, qui s'occupe de 80 clients dès sa première année.

Il a décroché cette année 2006 le diplôme universitaire proposé par Paris-II. «Il me manquait la connaissance du droit, reconnaît l'ex-ingénieur. C’est indispensable, non seulement pour ne pas franchir la ligne jaune de la légalité, mais aussi pour connaître les biais légaux de la recherche d'informations.» Son nouveau métier le comble : «On doit être juriste, technicien, maîtriser les langues étrangères. Il faut faire preuve de ténacité, de créativité, de psychologie... et bénéficier d'une bonne dose de chance ! Il m'est arrivé, en filature, de perdre puis de retrouver quelqu'un au beau milieu de la foule.»

«Ce métier permet de renouer avec une part d'enfance : c'est comme un jeu, mais en vrai. Je possède par exemple une collection de perruques et de fausses moustaches acquises avec les conseils de professionnels du cinéma.» Selon Jean-Emmanuel Derny, les mentalités doivent encore évoluer : «En France, on adore Nestor Burma ou Mike Hammer, mais on reste très méfiant par rapport aux vrais détectives.»




Obligés, pour exercer, de prouver leur qualification, les professionnels visent, à terme, un statut d'auxiliaires de justice.

LES DÉTECTIVES PRIVÉS sortent de l'ombre. «Une révolution», estime Christian Borniche, vice-président de l'Union fédérale des enquêteurs de droit privé. Exception mondiale, dans le cadre de la réforme européenne d'harmonisation licence-master-doctorat, la France se dote d'un diplôme d'État : la licence professionnelle Sécurité des biens et des personnes, option enquêtes privées, une formation en trois ans proposée dès octobre 2006 par l'Institut de droit et d'économie de Melun. (Antenne de la faculté Assas Panthéon Paris II).

Il existait déjà, depuis 1998, deux diplômes universitaires, l'un destiné aux salariés des agences, l'autre aux indépendants (l'écrasante majorité de la profession) : cours de droit dispensés par des magistrats, initiation aux méthodes de recherches informatiques et administratives, exercices de filature cornaqués par des gendarmes, ce cursus n'avait engendré que 119 diplômés sur les 700 à 750 enquêteurs en activité en France. Le nouveau diplôme, qui étoffe les stages et les travaux pratiques, a vocation à rencontrer davantage de succès.

Violation de la vie privée ou du droit du travail, usurpation d'identité, les abus ont longtemps entaché le métier. La nouvelle licence professionnelle est un premier pas vers l'obtention d'un statut d'auxiliaire de justice que les syndicats appellent de leurs voeux. «Notre société se judiciarise à l'américaine, justifie Christian Borniche. Le constat d'adultère n'est plus le coeur du métier : nous travaillons à 90% dans le cadre industriel ou commercial, à 9% dans des affaires de coeur, et à 1% pour des contre-enquêtes, à la demande d'avocats.» «Les institutions françaises ont besoin de nous, renchérit Michel Le Forestier. S'il existe un juge d'instruction pour le pénal, ni les avocats ni les huissiers ne sont habilités à enquêter dans les affaires civiles.»

F .C.

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